Découvrez la playlist Dream 08 avec Jefferson Airplane
Je me jette
hors du bateau volant au moment où celui-ci touche le toit de la maison de
Magnus. C’est une grande bâtisse de vielle pierre située non loin des docks sud
de Manhattan, un quartier tranquille dans lequel il peut faire ses recherches
magiques sans être ennuyé par des intrus de toutes natures. Ce soir, la maison
semble bourdonnante de vie alors que toutes les créatures de Magnus,
majoritairement des petits démons ailés, s’affairent à patrouiller autour de la
résidence, s’occuper des blessés, réparer les morceaux abîmés des murs. Il y a
déjà eu un combat ici, visiblement sans grands dommages mais très récent. Je me
fiche de tout ça, courant dans les couloirs de cette maison que je connais
comme ma poche en quête d’Alice. Comme appelé, je devine sans avoir à demander
à quiconque dans quelle pièce elle se trouve. Aussi clairement que si elle
était dans ma tête, je sens sa présence, j’entends sa voix, je vois son visage.
J’arrive, essoufflé, jusqu’à la chambre d’ami dans laquelle elle est allongé.
J’ouvre la porte au moment où elle ouvre les yeux vers moi, comme devinant à
l’avance que j’arrive. Ma course folle ne s’arrête que lorsque mes bras passent
autour de son corps, que j’ai contre moi son visage faible, que ma présence
chaude consume la peur qui était la sienne de nous voir séparés. Je prends son
visage dans mes mains, regarde fiévreux les blessures que mes ennemis ont pu
lui infliger. Sous la couverture dont on l’a couverte, je vois en tremblant une
large balafre au niveau du ventre, trace d’un coup violent porté à l’arme
blanche. La plaie a heureusement disparu, trace de l’action de Saül. Reste une
longue ligne blanche sur son corps adorable et le sentiment qu’elle aurait pu
ne plus être en vie sans l’action de mes amis.
Je lève les
yeux vers elle, mortifié de ce qui lui arrivé par ma faute. Elle me fait un
pauvre sourire, teint de fatigue et des terreurs expérimentées durant la nuit.
Elle vient se blottir à nouveau contre moi comme si le plus important pour
l’heure n’était pas son état de santé mais d’ancrer dans son esprit que tout ça
est bien fini, que ma présence la protège désormais d’une fin aussi rapide que
funeste aux mains des monstres du Conseil. Je passe ma main dans ses cheveux
blonds, tombe sur les lambeaux de sa robe noire, tâchée d’hémoglobine, posée au
sol. La vision de son sang écrase dans mon cerveau la réalisation de sa mort
passée si proche. Une coulée de haine brute se déverse en moi, à la fois pour
le Conseil qui a failli me la prendre et envers moi pour ne pas avoir su la
protéger. Alors que l’étau glacé de la peur de sa disparition me bloque
l’estomac, je prends conscience que je deviendrai fou si elle mourrait, elle
qui est, je le sais désormais, toute ma vie.
« J’ai eu très
peur. »
Mon Dieu que sa voix est faible ; elle y transmet
toute la terreur qu’elle a eut, le traumatisme toujours présent de la violence
de l’attaque.
« Je suis là ma belle,
tout va bien maintenant. »
En réponse,
elle vient se pelotonneur encore plus contre moi, calant comme à son habitude
son visage dans le creux de mon cou. Un raclement de gorge gêné, celui de Saül,
vient me dire que le temps des retrouvailles est fini et qu’il me faut
retrouver mes amis. À regret, je me détache doucement de la femme que j’aime.
« Il faut que j’y aille,
Alice. Les combats ne sont pas terminés. »
Je sais qu’elle lit dans mes yeux l’envie qui est la
mienne de rester auprès d’elle. Elle hoche cependant la tête en signe d’assentiment.
« Tu veux venir avec
moi ? »
Elle ouvre grands ses yeux bleus, surprise que je l’invite
à se joindre à la réunion hautement symbolique de ce soir.
« Je pense qu’il vaut
mieux que je reste allongée. »
« Elle a perdu beaucoup
de sang, Dream, elle doit se remettre tranquillement. »
Il ment, je l’entends au son de sa voix. Le pauvre
Saül n’a jamais su mentir. Ce n’est pas l’état de santé d’Alice qui motive ses
paroles mais autre chose ; si je ne le connaissais pas mieux, j’y verrai
de la peur. De quoi peut-il avoir peur la concernant ? À l’incompréhension
se mêle dans mon esprit la curiosité de cette révélation cachée. Je laisse
glisser ma main du doux visage d’Alice, quittant la salle tout en gardant mon
regard dans le sien. Une fois dehors, je suis Saül dans un silence gêné de part
et d’autre. Mon Dieu qu’il doit s’en vouloir de me cacher des choses ! ça
semble si irrationnel de sa part…
Nous arrivons jusqu’au salon, traditionnelle pièce de
réunion de notre petite fratrie. Le caractère inaltérable des meubles en bois,
des rangées de livres antiques, la table ronde sur laquelle trône une boule de
cristal divinatoire m’a toujours rassuré. Cette pièce n’a pas bougé depuis que
j’en ai franchi le seuil il y a longtemps à Londres ; en dépit de son
déménagement à Brooklyn, Magnus a recréé la salle centrale de sa maison à l’identique,
renforçant le caractère intangible de l’endroit. Mais le sentiment familier et
confortant s’estompe lorsque je vois le visage de mes compagnons. J’ai
l’habitude de m’attacher aux petits détails, ceux qui échappent au plus grand
nombre mais qui sont pour moi les vrais révélateurs de ce qui se passe
intérieurement chez les gens. C’est la raison pour laquelle je ressens
immédiatement la tension silencieuse qui plane dans la pièce lorsque Saül et
moi rentrons. Pas une seconde William et Magnus ne jettent l’œil sur le vieux
kabbaliste ; c’est moi qu’ils scrutent. Sous leurs regards intenses, je
m’assieds dans le large fauteuil en velours rouge que j’affectionne. J’essaye
de faire mine de ne rien avoir remarqué, de déterminer discrètement la source
de la rigidité sociale qui rend nos gestes artificiels, dénués de spontanéité.
J’essaye de fuir mentalement en perdant mes yeux sur cette pièce, dernier
ancrage connu, rassurant, dans ce monde qui ne cesse d’être bouleversé. Voilà,
ça y est, j’ai envie de partir. Je n’ai jamais su gérer ce genre de
situations ; lorsqu’elles se présentent à moi, la démangeaison est
physique, j’ai besoin de m’évader au plus vite. Je sens d’ailleurs que je
commence à m’asticoter sur ma chaise, comme un lapin au départ de la course. Un
lapin. Quelle drôle d’image. C’est pourtant la première qui me soit venue en
tête. Bizarre. Étrange. Et terriblement lucide, j’en suis convaincu. Il ne
s’agissait pas d’une image en l’air mais d’un flash comme j’en ai parfois,
sorte de souvenir vaporeux d’une réalité plus concrète que celle que
j’expérimente mais que je ne perçois que par bribes.
Retour à la réalité justement ; il est temps de
se donner une contenance et de revenir à mes problèmes actuels. Ils me
regardent fixement tous les trois. L’intensité de leurs yeux, dans lesquels je
vois tour à tour l’appréhension, l’interrogation et la compassion. C’est donc
le plus naturellement du monde que je demande :
« Quoi ? »
Personne ne me répond, personne n’ose ; pas même
Magnus. Ce n’est pas la guerre dont nous allons discuter ce soir, j’en suis
certain désormais. J’essaye toutefois de me raccrocher à cette idée, autrement
moins angoissante que ces paroles trop lourdes pour sortir de leurs bouches.
« Bon, on établi un plan
d’attaque ou on continue de se regarder dans le blanc des yeux ? »
« La guerre attendra,
Dream. »
Je dévisage Magnus, un sourire en coin aux lèvres.
C’est devenu un jeu l’espace d’une seconde entre eux qui n’osent pas et moi qui
les tente en sautillant verbalement sous leur nez.
« Le Conseil doit déjà
être en train de panser ses plaies, voire de préparer une nouvelle offensive.
La peur qu’incarnent ta maison et tes sortilèges ne les tiendra pas longtemps à
l’écart. »
« Ce n’est pas du Conseil
dont j’ai peur ce soir, Dream. »
Peur. Le mot est lâché. C’est ça qui les réuni ce
soir, peut-être même avant que de venir me prêter main forte et de sauver
Alice. L’envie de les titiller encore un peu est bien présente mais la
curiosité me taraude maintenant tout à fait. Je veux savoir ce qu’on me cache,
ce qui s’est décidé sans moi et qui me concerne directement.
« Peur ? De quoi
as-tu peur alors ? »
« Oh, y en a marre à la
fin ! »
Ça y est, William a perdu patience, comme prévu. Je
m’en amuse, un peu honteux mais heureux.
« Il faut qu’on parle,
Dream. »
« Et bien parlons. »
« Nous pensons que tu as
besoin d’aide. »
« Ça ne ressemble pas à
une réunion d’aide sociale, Saül. »
« Ce que j’essaye de
dire… »
« …c’est que tu pars en
vrille Dream. Ça fait un moment qu’on t’observe… »
« …pour ton bien ;
on se soucie de toi… »
« Comment ça, vous
m’observez ? Depuis combien de temps ? »
Ils marquent un temps ; l’emballement nerveux de
leurs discours superposés s’effondre d’un coup. Peur ; culpabilité aussi,
je le lis en eux. Ils n’osent pas car ils me veulent du mal.
« C’est dans ton intérêt,
Dream. Certaines choses nous ont choqués dernièrement… »
« …on se demande ce qui
se passe dans ta tête. »
« Et la meilleure façon
n’était pas de me le demander simplement ? »
« Mais c’est ce qu’on
fait, maintenant… »
« Maintenant que vous
avez pris votre décision me concernant. »
« Qu’est-ce que tu veux
dire ? »
« Tu sais ce dont je
parle, Saül. »
Je plante mes yeux dans les siens, le plus fragile, celui
qui va me livrer malgré lui ce qui s’est décidé me concernant. Mais quelqu’un
d’autre a fait le même calcul et lui vient au secours.
« Qu’est-ce que tes rêves
te disent dernièrement, Dream ? »
La voix posée, presque tranchante de Magnus vient
briser le silence. À l’assurance de sa question, je sens que c’est lui
l’instigateur de tout cela. Son intervention me touche plus que je ne l’aurai
soupçonné. Magnus est mon plus vieil ami, un être à l’intellect rare dont nous
avons pris l’habitude d’écouter comme si la vérité sortait invariablement de sa
bouche. C’est d’ailleurs souvent le cas. Entre son intelligence et sa
connaissance des sciences occultes, il ne prend rien à la légère. S’il se
risque à échafauder quelque chose me concernant, c’est qu’il y a mûrement
réfléchi. Il n’a en outre pas la maladresse sociale des deux autres, s’il le
fait c’est aussi parce que c’est selon lui la seule issue. Plus que tout, je
lui fais confiance. Je décide donc de rentrer dans son jeu.
« Je rêve de chez moi, du
pays des Maîtres des Rêves. »
« Que se passe-t-il
lorsque tu es là-bas ? »
« Il y a la guerre, des
exploits héroïques, la mort, la gloire, la magie des grands moments. »
Je sens qu’il trébuche sur son investigation. Ce
n’était pas ce qu’il prévoyait que je réponde. Il n’est pas surpris mais déçu.
Il attendait autre chose.
« Pourquoi ? »
« Nous viendrons au
pourquoi plus tard Dream…ma question n’était pas celle-ci. »
« Alors pose la
mieux. »
Je le vois tiquer. Je repense à notre antagonisme
amical, celui au sein duquel nous nous affrontions pour déterminer qui serait
le chef de notre petit groupe. Lui et moi étions conscient de ce qui se jouait
dans ces moments jugés anodins par les autres. Il a fini par s’imposer à force
de connaissance et de décisions prises au bon moment. Fondamentalement, il est
un bien meilleur chef que je n’en serais jamais ; je ne convoitais cette
place que par orgueil et envie d’être choisi, lui par sens du devoir. Même si
cette rivalité de jeunesse n’est plus vraiment de mise aujourd’hui, force est
de constater que lors de nos oppositions elle ressort pourtant. Ces réflexes
défensifs nous amènent souvent dans l’impasse discursive. Je dois moins me
braquer si je veux savoir.
« Qu’est-ce que tu
voulais dire, Magnus ? »
« Ce que j’entendais par
là c’est : que crois-tu faire dans le vrai monde lorsque tu
rêves ? »
La question me désarçonne. Que veut-il que je
fasse ? Je dors, voilà tout. C’est ce que je m’apprête à lui répondre
lorsque je vois la tension impatience dans leurs visages à tous les trois. On
arrive au fond du problème, autrement plus complexe que ce cette réponse
spontanée. Le doigt de l’intuition vient en outre me tapoter le torse pour me
dire que c’est là une question essentielle pour moi. J’ai envie de fuir, encore
plus qu’avant. Mais je veux savoir.
« Je ne sais pas. J’ai
envie de te dire : rien, je dors. Mais à voir vos têtes, ce n’est pas
aussi simple. »
Magnus hoche la tête, content de voir que je ne
cherche pas à fuir ou à détourner la conversation comme je sais si bien le faire
quand je n’ai pas envie de répondre. C’est entre lui et moi désormais.
« Et si je te disais que
tu ne fais pas que dormir ? Et si tu avais une vie, tout à fait différente
de la première lorsque ta conscience part dans le Monde des Rêves ? »
« C’est absurde. Mon
corps ne peut pas bouger de lui-même. Toute ma conscience est là quand je rêve,
je n’en laisse pas un bout derrière… »
Pour égorger les gens. C’est ce que j’ai failli dire
malgré moi. Malgré moi mais ça a la solidité des vérités évidentes. Comme le
lapin. De plus en plus étrange ; et follement passionnant. Brusquement, je
prends conscience d’une chose : ce n’est pas d’Alice dont Saül avait peut
tout à l’heure dans la chambre, mais de moi. Qu’est ce que j’ai bien pu faire,
ou monter, qui les terrorise à ce point ?
« D’accord, Dream.
Laissons ça de côté pour le moment…et Alice ? »
« Quoi
Alice ? »
J’ai répondu trop vite, trop fort. Comme si elle
était en danger face à lui. Il le voit tout de suite et embraye.
« Comment l’as-tu
rencontré ? »
Je ne réponds pas tout de suite. Des souvenirs
affluent dans ma mémoire, me submergeant : je revois Alice Livingston, la
première des Alice. Magnus l’aimait lui aussi ; il l’impressionnait
beaucoup avec son air mystérieux, son savoir. Mais c’est moi qui la faisais
rire et c’est moi qu’elle a fini par choisir. C’était la première, la première
que Sagav…que j’ai tué. Est-ce qu’il m’en veut encore ? Y a-t-il toujours
dans la rancœur en lui de cette joute amoureuse que j’ai gagné pour au final
assassiner, malgré moi, l’objet de son affection ?
« Dream ? »
« Dans un squat, dans le
Queens… »
« Qu’est-ce qui s’est
passé exactement ? »
« J’ai entendu son
appel ; un appel chimérique. Elle était sous héroïne, à mi-chemin entre
conscience et rêve. Moi je me baladais non loin de son squat, à la recherche de
nouveaux rêves. Malgré son état, elle a compris qu’elle était en danger, pas en
état de se défendre. J’ai accouru, découvert un autre type défoncé à un truc à
base de lsd qui le rendait très violent. Il venait de planter une autre nana
avec un tournevis aiguisé et s’apprêtais à faire de même avec Alice. »
« Et tu l’as
sauvé. »
« Oui. J’ai tué le type
sur le coup. J’ai juste voulu le faire cauchemarder un bon coup pour l’étendre
mais la drogue a amplifié l’effet de mon sort et il est mort sur le coup. Mort
de peur. »
« Et
ensuite ? »
« Ensuite ? Ensuite
je suis rentré dans le rêve d’Alice. Nous avons discuté, j’ai décidé de la
prendre avec moi, de la sortir de cet univers de sdf drogués et la spirale d’autodestruction
dans laquelle elle s’était lancé. Ce n’est que plus tard qu’elle m’a révélé son
nom. J’ai été surpris bien sûr, mais pas plus que ça. Au début, elle n’était
qu’une étape de plus dans la longue liste de mes Alice, une autre que ma
malédiction allait frapper tôt ou tard. Puis, elle est devenu autre chose,
spéciale, autrement complexe et touchante que les autres. »
Le silence retombe à nouveau. Je vois la perplexité,
les déductions qui s’enchaînent dans leurs têtes. Et s’ils s’étaient
trompés ? C’est ce que je vois dans leur manque d’assurance. Et s’ils
avaient fait une erreur me concernant ? Qu’ils avaient déduis des choses
qui n’existent que dans leur esprit, un danger qui n’a pas lieu d’être. William
et Saül ne savent plus trop quoi dire. Mes réponses ne doivent pas être ce
qu’ils voulaient entendre. Mais Magnus est toujours résolu, calé dans sa chaise
à me regarder droit dans les yeux. C’est lui qui les a entraînés là-dedans, lui
qui leur a dit de se méfier de moi. Il joue sa crédibilité à leurs yeux en ce
moment. Les accusations qu’il a proféré sur moi doivent être très graves pour
qu’ils fassent une tête pareille. L’enjeu est donc de taille. Vis-à-vis de moi,
c’est encore pire : s’il a faux me concernant, toute la confiance que nous
avions l’un pour l’autre serait détruite.
« Dream ? »
« Oui ? »
« Est-ce que tu peux
revenir sur cette nuit plus précisément ? »
« Qu’est-ce que tu veux
savoir ? »
« Ce que tu faisais
dehors en premier lieu. »
« Je me baladais, je t’ai
lai dis. Ça m’arrive de me promener pour capter les rêves des gens, m’inspirer
de leurs songes, me nourrir de tout ça…».
« Ça t’arrive
souvent ? »
« Errer dans la ville à
la recherche de rêves nouveaux ? Parfois. »
« Est-ce que tu en es
sûr ? »
Le ton appuyé de sa voix ne me plaît pas. On dirait
qu’il sait quelque chose sur moi que je ne sais pas. Ça a un côté très frustrant
et terriblement prétentieux.
« Est-ce que tu as le
souvenir d’être sortir de chez toi ? Est-ce que tu te revois marcher
jusqu’au Queens cette nuit-là ? »
« Bon Dieu, Magnus,
qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Non je ne m’en souviens pas
précisément, je ne me suis pas dit « fait gaffe, Dream, note bien tout ce
que tu fais parce que dans quelques semaines ton ami le magicien de Brooklyn va
te faire passer un interrogatoire sur ce que tu as fait ce soir »…pourquoi
cette nuit t’intéresse-t-elle autant ? »
« Parce que c’est la
seule où tu t’es réveillé. »
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