Découvrez la playlist Dream 07 avec Dire Straits
C’est comme une libération, une
chape de plomb que j’ai fait peser sur mes épaules et qui se libère d’un coup.
Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, je n’ai pas envie de chercher à
comprendre non plus. Le pouvoir à l’état brut semble émaner de moi, comme si
j’avais trouvé la bonne réponse, la bonne clef au mystère de mon existence.
Brusquement, j’ai l’impression de faire le bon choix, celui qui est le mien
viscéralement, ne plus chercher à retenir le torrent qui m’amène dans mon sens
mais le suivre, chevaucher la force immense que m’amène la certitude d’un acte
tout à fait sincère. Je ne cherche plus à plaire, à agir tel que je le devrais,
subir ce qu’on attend de moi. Je fais le choix d’une petite voix intime qui a
toujours raisonné en moi et que j’ai sempiternellement fait taire par peur des
conséquences. Jusqu’ici je n’ai fait que les choix sages, posés, sérieux. Il
est temps de faire ceux que je n’ai jamais osé.
Elvis est là, avec moi. Il prend
la forme d’une boule de feu assourdissante qui explose sur le corps de la
femme-serpent alors qu’elle se jette à l’assaut. J’en vois des bouts également
dans les deux balles qui rentrent de plein fouet dans la chair de Gonzales,
brisant le saut qu’il vient d’effectuer pour se jeter sur moi. Il retombe au sol,
juste en face de moi. Il est perdu, cherche du regard son agresseur. Je n’ai
pour ma part pas besoin de me retourner pour comprendre ce qui se passe :
mes amis sont venus. Mes amis sont venus pour moi. La douleur m’a quitté
instantanément depuis que j’ai lâché prise mentalement, je peux agir. Dans mon
dos j’entends le golem de Saül qui charge de son pas lourd et pesant. Combien
de fois ai-je vécu cette scène, celle de lutter, épée en main, avec derrière
moi mes frères d’arme pour me soutenir ? J’ai pour moi les tirs de
William, le pirate fantôme, les sorts de Magnus, le mage mystique, les miracles
de Saül, le kabbaliste. Nous sommes les anciens, combattants d’une guerre
aujourd’hui oubliée qui a provoqué l’effondrement magique et monstrueux du
Vieux Continent. Ensemble, nous étions invincibles. Cela n’a pas empêché la
défaite de notre camp.
Le coup de griffe rageur de
Gonzales m’extirpe de mes souvenirs et me ramène tout de go à une somme de
problèmes très tangibles qu’il me reste à régler. Je bloque le coup d’une
parade de ma lame, étrangement surpris de la facilité avec laquelle je contiens
la force herculéenne de mon adversaire. Je n’ai toutefois pas le temps de
contre-attaquer. Non qu’il soit plus rapide que moi à réagir mais parce qu’il
se prend de plein fouet le poing d’argile du golem. Je perçois avec une
précision surprenante les os qui se brisent au sein de la cage thoracique de
Gonzales, son visage qui se crispe sous l’effet de la surprise et de la
douleur. Il part voler sur plusieurs mètres avant de retomber au sol. Inerte,
il gît là alors que des spasmes nerveux parcourent son corps. Une voix résonne
dans ma tête.
« Dream,
ça va ? »
« Ça
va Magnus. »
« Ta
nana est chez moi, blessée. Elle s’en sortira. »
« Merci… »
« Tu
me remercieras plus tard, je crois que notre client se relève. »
Il se relève effectivement. J’ai
une sincère admiration pour son courage et sa détermination. Il faut dire que
les loups-garous sont très résistants et que leur métabolisme permet une
régénération des blessures incroyable. Mais quand même. Gonzales n’aura
toutefois pas le loisir de profiter de son sursaut héroïque : à peine
debout, des tentacules noires jaillies du sort de Magnus l’enserrent, finissant
de le broyer. Ça pourrait finir là : il n’est plus en état de se battre et
il lui faudra plusieurs heures pour parvenir à rentrer, penaud, dans son antre.
Je ne lui laisserais pas l’occasion de le faire. Guidé par la force nouvelle
qui est en moi, j’arme mon coup et lui perce le cœur avec mon épée. Il se fige,
ne bougeant plus que par endroits sous l’impulsion des nerfs. Sa tête retombe
enfin, inerte. Il est mort.
Je me retourne pour faire enfin
face à mes compagnons. Nos sourires gauches transmettent à la fois la gêne de
se retrouver après tant de temps passé loin les uns des autres, ce baptême du
feu qui se sacre dans le sang et la violence, la joie sincère d’être à nouveau
réunis. William, ce qui ne surprend personne, est le premier à nous sortir de
ce moment ambigu en achevant la femme-serpent d’une balle dans la tête. C’est
la guerre ; pour la première fois je prends pleinement conscience de tout
ce que cette constatation implique. Il va falloir se battre, tuer, vaincre. Ce
ne sera pas toujours juste, des gens de valeurs qui méritaient de vivre y
périront. Mais la guerre est là et nous avons choisi notre camp.
« Les
renforts ne vont pas tarder à arriver. »
La voix calme de Saül résonne à
nos oreilles, voix de la sagesse que nul ne songe à contredire. Avec elle vient
l’évident besoin de partir.
« Il
faut que je rentre chez moi. »
« Il
n’y a plus rien chez toi, mon ami. »
« Quoi ? »
Ma maison, l’appartement chargé
de souvenirs, j’ai perdu tout cela en une nuit ?
« Ils
sont venus en force, Dream ; tout ce qu’on a pu faire c’est éviter à tes
autres chimères d’y passer et sauver la fille qui était là-bas. »
L’image d’Alice blessée reflue
en force dans mon esprit. Mon Alice, mes chimères. J’ai perdu ma maison, ça
fait mal mais c’est un bien maigre prix à payer par rapport à ce qu’il aurait
pu se passer sans leur intervention. Du reste, je pourrais toujours y revenir.
Magnus semble lire dans mes pensées.
« Il
ne reste plus rien là-bas. Ils ont envoyé tous ceux qu’ils avaient sous la main
et personne n’a cherché à faire dans le détail. »
Je soupire, partagé entre la
perte de mon sanctuaire et le songe fugace autant que glorieux de la bataille
d’anthologie que ça a dû être. Je suis fier d’être leur égal, que ce soient eux
mes amis, ces gens que j’estime tellement.
« Bon,
on discute toute la nuit ou on vide les lieux ? »
La voix sépulcrale de William
nous décide à partir presque autant que les clameurs des troupes du Conseil qui
lui font écho. À juger les cris qui s’élèvent et toute part du parc, ils sont
effectivement venus massivement.
« On dirait qu’ils nous
encerclent. »
La réflexion de Saül nous fait
tous sourire. Presque rituelle, la phrase déclenche une exclamation de joie de
William qui va pouvoir nous faire son tour favori, qui est le nôtre également.
Rangeant avec emphase ses pistolets, il émet un sifflement strident entre ses
doigts. Du sol, émerge une immense poutre ronde translucide et bleutée ;
la proue d’un navire fantôme. Le reste du bâtiment s’extrait du sol alors que
nous agrippons tous, mage, golem, kabbaliste, capitaine pirate et maître des
rêves, une corde pendante qui nous permet de nous hisser sur le pont. Alors que
le bateau, vaisseau majestueux, vestige comme nous d’un autre temps, continue
de s’élever dans les airs, je regarde la marée en bas ; de plus en plus
visible, elle amène avec elle des êtres de tous poils qui, telle une marée
monstrueuse, arrivent aux abords de Washington Square Park pour fondre sur
nous. Je les regarde lever les yeux au ciel et constater notre fuite si
romanesque.
« On
n’est pas encore tiré d’affaire, moussaillons ! »
Dans un joyeux raffut, les
marins fantômes commencent à s’activer follement sur le pont, prenant place aux
canons, dépliant la grande voile. William est à son poste, à la barre, gueulant
des ordres à tout va sur son équipage. Du sol, tout ce qui a une paire d’aile ou
un moyen quelconque de prendre son envol converge maintenant vers nous. Je me
tourne vers Magnus et Saül.
« On
l’aide ? »
« Bof… »
« Je
crois qu’il nous en voudrait plus qu’autre chose. »
« Feu ! »
Dans un vacarme assourdissant,
l’équipage déclenche le tir sur les harpies, gargouilles et autres sorcières
sur leur balai qui nous donnent la chasse. Ils sont pour la plupart abasourdis
devant le spectacle que nous offrons ; pour eux, le bateau volant du
capitaine William Blake n'est qu’une légende. Ils ont la preuve ce soir que les
légendes ont la peau dure. Les boulets ont beau être incorporels, ils n’en sont
pas moins chargés d’énergie magique et explosent avec fracas sur nos
adversaires. De toutes parts, les décharges sourdes retentissent, les corps
tombent au sol. Même ceux qui sont restés sur la terre ferme ne sont pas à
l’abri de certains canonniers qui font du zèle en semant la pagaille en bas.
Rien à faire, même après en avoir tant souffert, je ne vois dans tout ceci
qu’un grand jeu qui m’amuse follement.
Les plus hardis et les plus
doués de nos poursuivants arrivent pourtant jusqu’au pont. Ils sont
immédiatement engagés par tous ceux qui ne sont pas occupés à manœuvrer le
navire fantôme ou à tirer leurs mortels boulets. William lui-même, sabre
d’abordage au clair, lutte contre trois adversaires que l’indescriptible mêlée
qui me sépare de lui ne me permet pas d’identifier. Son rire à gorge déployée,
cri de ralliement qui surplombe tous les autres bruits autour de nous,
m’indique toutefois qu’il n’est probablement pas en danger. Il convient d’être
prudent toutefois : Will a tendance à être téméraire et ne pas toujours
prendre le danger à sa juste mesure. Le sort de la bataille est joué d’avance
cependant, Saül, Magnus et moi n’avons même pas besoin d’intervenir. On le fait
quand même parce que ça nous amuse et que ça vient sceller nos retrouvailles de
cette nuit. Combattre dos à dos avec mes amis, quelle sensation d’exaltation
c’est pour moi ! La facile victoire ne vient en rien gâcher les émotions
brutes que la fureur du combat génère en nous. Je taille, plante, pique,
contre, esquive avec une énergie que ma vie mélancolique, vécue recluse chez
moi, ne m’offrait plus guère.
Je sais que la vision d’un autre monde va
s’instaurer très vite. Elle vient à chaque moment fort de ma vie ces derniers
temps. Cette fois-ci, je la laisse venir, l’invite à prendre place. C’est sans
surprise que je vois le visage des mes amis se métamorphoser ; Magnus a
maintenant un visage tout rond dans lequel sont logés deux grands yeux où
vibrent le pouvoir, Saül un visage froid, austère, royal, à l’intelligence
surnaturelle. Nous sommes dans le grand couloir d’un château médiéval ;
les ennemis, des géants au corps bizarre gracile et souple, nous attaquent.
Non, c’est nous qui sommes sur l’offensive. Je mets du temps à comprendre que
je suis à nouveau le magicien aux cheveux bleus. Tout ici semble à la fois
différent et curieusement familier. Il y a une guerre ici aussi, des gens comme
moi qui donnent forme et consistance au rêve pour se hisser au dessus des
autres. Du rêve viennent nos pouvoirs, nos sorts, les créatures auxquelles nous
donnons vie. Tout le monde s’entredévore dans cette guerre sans pitié, tout le
monde se bat les uns contre les autres ; sauf moi. Moi j’affronte le monde
entier. Je ne me bats pas pour moi mais pour le rêve que je vénère entre tout.
Je rêve et c’est là toute ma vie. Mon unique but est de plaire à la Maîtresse
des Rêves, la femme en blanc, celle qui nous donne notre pouvoir à tous. Je
n’existe que pour cette connexion intime avec le pouvoir, ce lien onirique et
sacré qui m’amène chaque fois plus proche de l’absolu. C’est aussi mon arme de
bataille, la source des sorts que je lance sur mes adversaires. Je lis la peur
dans leurs yeux, la certitude, lorsque je suis enfin face à eux et qu’ils
m’affrontent, que je suis le plus puissant. Je dois rester dans ce rêve,
comprendre ce songe qui m’assaille nuit après nuit et dont seul Alice possède
la clef à ce jour.
Je chante et j’appelle Elvis, nom
singulier que j’ai donné au dieu, ou peut-être la déesse, du rêve. Je prie,
cajole, choie cette entité invisible en laquelle j’ai une foi inébranlable. En
échange, elle me donne sa force, déclenche des salves d’énergie qui propulsent
mes adversaires au sol et contre les murs. Ils ne se relèveront plus. En
quelques dizaines de secondes, mon corps rodé au combat tue plus que moi,
Dream, durant toute une saison passée à faire la guerre dans les rues de
Londres, Paris et Rome. Il faut que je fasse attention, ne pas perdre mon identité
lorsque je rentre dans la peau de cet autre, à la fois follement intime et
tellement étranger. Une attaque je n’ai pas vu venir me frappe au torse ;
je tombe à la renverse sous l’effet du coup, trouve le temps de dégainer en un
éclair un pistolet à mèche porté sur la cuisse et faire feu en pleine gorge de
celui qui m’a touché. J’ai mal mais mon entraînement à la douleur m’a fait voir
bien pire. Pas une seconde je ne perds ma concentration, mon esprit guerrier.
Je tombe au sol, roule sur l’arrière, suis debout, empale un ennemi plus
téméraire que les autres avec mon épée familiale. Je prends enfin conscience de
n’être que spectateur de ce qui se déroule sous mes yeux ; c’est comme si
j’étais en lui, le fameux magicien aux cheveux bleus, sans pouvoir rien dicter
mais en même temps dans un état de fusion parfaite avec lui. Je ressens tout,
de ses émotions aux sensations physiques, de ses certitudes forgées à la pureté
de son rêve. Un sort lancé par l’être qu’est devenu Saül fini dans une grande
explosion nos derniers opposants. Il se tourne vers moi, sincère inquiet.
« Nésis ?
Nésis, ça va ? »
Enfin ! Enfin un nom, une
identité. Je sais ce soir qui je suis lorsque je suis lui. Nésis.
« Tu
peux courir ? Il faut fuir maintenant : tous nos hommes sont
morts. »
« Moi
je dis qu’on continue. »
Le type au visage rond qui vient
de parler, un mage du Rêve comme celui qui me fait face, comme moi
probablement, partage visiblement l’optimisme de Magnus.
« Non.
Replions nous. »
La voix de mon interlocuteur est
sans appel. Un stratège et un meneur d’homme, comme Saül.
« Je
peux courir. Et je peux encore me battre, Adjam. »
Il s’appelle donc Adjam. Je le
vois soupirer, la mine grave. J’imagine qu’il doit pester intérieurement sur
notre aveuglement à tous les deux.
« Savir,
il faut battre en retraite. Pour l’heure. On reviendra avec du support, des
troupes, là on va juste… »
Il ne finit pas sa phrase.
D’instinct, nous avons érigé des champs de force par le pouvoir du Rêve pour
nous protéger de l’éclat de la boule de feu qui explose face à nous. Du bout du
hall du château, apparaissent d’autres ennemis, plus dangereux. Ils sont comme
nous, des magiciens qui utilisent le rêve pour lancer des sorts. Ils sont plus
nombreux que nous, je connais certains par leur nom tant ils sont connus. Mais
je n’ai pas peur. En moi, une rage sourde sonne le début du combat que ne pense
pas une seconde à fuir. Le combat s’engage, violent, primaire, incertain. Mon
corps est fatigué et blessé, mes réserves magiques sont loin d’être pleines. Ce
n’est pas grave, la haine me galvanise et parcoure mes veines comme un
carburant inépuisable. Je fais couler le sang de mes ennemis, brise tout espoir
de victoire de leur côté, ôte la vie de ces inconnus à qui je voue une rancune
sans limite.
« Dream ? »
Mon poing s’écrase sur la tempe
d’un homme que j’envoie rejoindre ses ancêtres, je tire sur un autre qui érige
un bouclier comme j’en ai conçu un pour me protéger de la boule de feu.
« Dream ? »
Je plante mon épée dans le cœur du
magicien qui me fait face, prend de plein fouet une vague d’énergie qui fait
pleurer ma chair mais n’entame pas ma résolution.
« Dream ! »
Je m’acharne au sol sur mon
ultime adversaire, réduisant coup après coup son visage à l’état de masse
sanguinolente. Je frappe comme un fou, une bête enragée. Ils m’ont volé mon
enfance, ma famille, ma mère. Je vais leur faire payer. Mon poing s’écrase une
fois encore, une main ferme m’agrippe l’épaule. Je me retourne vif comme
l’éclair, prêt à tuer.
« Dream ! »
C’est Saül. Je me fige
immédiatement, prend conscience de mon bras prêt à frapper et l’embrocher sans
la moindre retenue. Autour de moi, il n’y a que le silence. Tout le monde,
Magnus, William, Saül et le reste de l’équipage, me regarde. J’ai le corps
suant, le visage couvert d’un sang où se mêlent toutes les couleurs. Le sang de
ceux que j’ai tué. Je regarde me mains couvertes du liquide poisseux qui
commence déjà à sécher sur ma peau. Je relève la tête vers Saül, vois la peur
dans ses yeux, la peur que j’inspire. Une grande claque dans le dos fait, béni
soit Will, s’envoler la gêne palpable qui est sur nous. D’un geste, il envoie
ses hommes s’occuper d’amener le navire à bon port. Magnus me pose sa main sur
le bras alors que je rengaine ma lame.
« Il
faudra parler de tout ça, Dream. Je crois que tu as besoin d’aide. »
J’acquiesce, incapable de
parler. Je me dirige vers Saül, mort de honte à l’idée de ce qu’il aurait pu se
passer si…si j’étais resté là-bas plus longtemps.
« Désolé.
Je ne sais pas ce qui m’a pris. »
Il rigole, sans vraie joie mais
sans drame non plus.
« J’imagine
que ce sont des choses qui arrivent. Je ne t’ai jamais vu combattre comme ça en
tout cas. »
Il y a de l’admiration dans
voix, de la crainte aussi. Je ne sais pas comment lui dire que les mêmes
sentiments m’animent désormais. Je ne suis pas comme mes amis. Je sais moi
qu’il ne s’agit pas d’une possession, d’un coup de sang ou d’un effet passager.
Je donne corps à mes rêves et celui-ci, aussi fou que paraisse cette théorie,
je suis allé le chercher en moi. Cette rage, cette fureur est à moi ;
c’est resté enfoui, loin sous la surface mais ça a toujours été là. Pourquoi
ai-je conçu ce besoin d’aller chercher cette face de moi-même à ce moment
précis ? Pourquoi cette sensation terrifiante mais en même temps follement
enivrante lorsque je passe de l’autre côté du miroir, dans le monde du magicien
aux cheveux bleus ? Serait-ce lui l’Unique, le premier maître des rêves,
mon père ? Pourquoi me parler, plus que ça m’influencer, de cette
façon ? Pourquoi moi ?
Ces réflexions à chaud tournent
en cercle à toute vitesse dans mon esprit. Et toutes tournent autour de la même
vérité, certaine, insondable pour l’heure mais dont je me rapproche de plus en
plus à chaque fois : Alice, tout est lié à Alice.
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