jeudi 2 décembre 2010

Dream - 07 - L'Alliance


Découvrez la playlist Dream 07 avec Dire Straits



                C’est comme une libération, une chape de plomb que j’ai fait peser sur mes épaules et qui se libère d’un coup. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, je n’ai pas envie de chercher à comprendre non plus. Le pouvoir à l’état brut semble émaner de moi, comme si j’avais trouvé la bonne réponse, la bonne clef au mystère de mon existence. Brusquement, j’ai l’impression de faire le bon choix, celui qui est le mien viscéralement, ne plus chercher à retenir le torrent qui m’amène dans mon sens mais le suivre, chevaucher la force immense que m’amène la certitude d’un acte tout à fait sincère. Je ne cherche plus à plaire, à agir tel que je le devrais, subir ce qu’on attend de moi. Je fais le choix d’une petite voix intime qui a toujours raisonné en moi et que j’ai sempiternellement fait taire par peur des conséquences. Jusqu’ici je n’ai fait que les choix sages, posés, sérieux. Il est temps de faire ceux que je n’ai jamais osé.
                Elvis est là, avec moi. Il prend la forme d’une boule de feu assourdissante qui explose sur le corps de la femme-serpent alors qu’elle se jette à l’assaut. J’en vois des bouts également dans les deux balles qui rentrent de plein fouet dans la chair de Gonzales, brisant le saut qu’il vient d’effectuer pour se jeter sur moi. Il retombe au sol, juste en face de moi. Il est perdu, cherche du regard son agresseur. Je n’ai pour ma part pas besoin de me retourner pour comprendre ce qui se passe : mes amis sont venus. Mes amis sont venus pour moi. La douleur m’a quitté instantanément depuis que j’ai lâché prise mentalement, je peux agir. Dans mon dos j’entends le golem de Saül qui charge de son pas lourd et pesant. Combien de fois ai-je vécu cette scène, celle de lutter, épée en main, avec derrière moi mes frères d’arme pour me soutenir ? J’ai pour moi les tirs de William, le pirate fantôme, les sorts de Magnus, le mage mystique, les miracles de Saül, le kabbaliste. Nous sommes les anciens, combattants d’une guerre aujourd’hui oubliée qui a provoqué l’effondrement magique et monstrueux du Vieux Continent. Ensemble, nous étions invincibles. Cela n’a pas empêché la défaite de notre camp.
                Le coup de griffe rageur de Gonzales m’extirpe de mes souvenirs et me ramène tout de go à une somme de problèmes très tangibles qu’il me reste à régler. Je bloque le coup d’une parade de ma lame, étrangement surpris de la facilité avec laquelle je contiens la force herculéenne de mon adversaire. Je n’ai toutefois pas le temps de contre-attaquer. Non qu’il soit plus rapide que moi à réagir mais parce qu’il se prend de plein fouet le poing d’argile du golem. Je perçois avec une précision surprenante les os qui se brisent au sein de la cage thoracique de Gonzales, son visage qui se crispe sous l’effet de la surprise et de la douleur. Il part voler sur plusieurs mètres avant de retomber au sol. Inerte, il gît là alors que des spasmes nerveux parcourent son corps. Une voix résonne dans ma tête.
« Dream, ça va ? »
« Ça va Magnus. »
« Ta nana est chez moi, blessée. Elle s’en sortira. »
« Merci… »
« Tu me remercieras plus tard, je crois que notre client se relève. »
                Il se relève effectivement. J’ai une sincère admiration pour son courage et sa détermination. Il faut dire que les loups-garous sont très résistants et que leur métabolisme permet une régénération des blessures incroyable. Mais quand même. Gonzales n’aura toutefois pas le loisir de profiter de son sursaut héroïque : à peine debout, des tentacules noires jaillies du sort de Magnus l’enserrent, finissant de le broyer. Ça pourrait finir là : il n’est plus en état de se battre et il lui faudra plusieurs heures pour parvenir à rentrer, penaud, dans son antre. Je ne lui laisserais pas l’occasion de le faire. Guidé par la force nouvelle qui est en moi, j’arme mon coup et lui perce le cœur avec mon épée. Il se fige, ne bougeant plus que par endroits sous l’impulsion des nerfs. Sa tête retombe enfin, inerte. Il est mort.
                Je me retourne pour faire enfin face à mes compagnons. Nos sourires gauches transmettent à la fois la gêne de se retrouver après tant de temps passé loin les uns des autres, ce baptême du feu qui se sacre dans le sang et la violence, la joie sincère d’être à nouveau réunis. William, ce qui ne surprend personne, est le premier à nous sortir de ce moment ambigu en achevant la femme-serpent d’une balle dans la tête. C’est la guerre ; pour la première fois je prends pleinement conscience de tout ce que cette constatation implique. Il va falloir se battre, tuer, vaincre. Ce ne sera pas toujours juste, des gens de valeurs qui méritaient de vivre y périront. Mais la guerre est là et nous avons choisi notre camp.
« Les renforts ne vont pas tarder à arriver. »
                La voix calme de Saül résonne à nos oreilles, voix de la sagesse que nul ne songe à contredire. Avec elle vient l’évident besoin de partir.
« Il faut que je rentre chez moi. »
« Il n’y a plus rien chez toi, mon ami. »
« Quoi ? »
                Ma maison, l’appartement chargé de souvenirs, j’ai perdu tout cela en une nuit ?
« Ils sont venus en force, Dream ; tout ce qu’on a pu faire c’est éviter à tes autres chimères d’y passer et sauver la fille qui était là-bas. »
                L’image d’Alice blessée reflue en force dans mon esprit. Mon Alice, mes chimères. J’ai perdu ma maison, ça fait mal mais c’est un bien maigre prix à payer par rapport à ce qu’il aurait pu se passer sans leur intervention. Du reste, je pourrais toujours y revenir. Magnus semble lire dans mes pensées.
« Il ne reste plus rien là-bas. Ils ont envoyé tous ceux qu’ils avaient sous la main et personne n’a cherché à faire dans le détail. »
                Je soupire, partagé entre la perte de mon sanctuaire et le songe fugace autant que glorieux de la bataille d’anthologie que ça a dû être. Je suis fier d’être leur égal, que ce soient eux mes amis, ces gens que j’estime tellement.
« Bon, on discute toute la nuit ou on vide les lieux ? »
                La voix sépulcrale de William nous décide à partir presque autant que les clameurs des troupes du Conseil qui lui font écho. À juger les cris qui s’élèvent et toute part du parc, ils sont effectivement venus massivement.
 « On dirait qu’ils nous encerclent. »
                La réflexion de Saül nous fait tous sourire. Presque rituelle, la phrase déclenche une exclamation de joie de William qui va pouvoir nous faire son tour favori, qui est le nôtre également. Rangeant avec emphase ses pistolets, il émet un sifflement strident entre ses doigts. Du sol, émerge une immense poutre ronde translucide et bleutée ; la proue d’un navire fantôme. Le reste du bâtiment s’extrait du sol alors que nous agrippons tous, mage, golem, kabbaliste, capitaine pirate et maître des rêves, une corde pendante qui nous permet de nous hisser sur le pont. Alors que le bateau, vaisseau majestueux, vestige comme nous d’un autre temps, continue de s’élever dans les airs, je regarde la marée en bas ; de plus en plus visible, elle amène avec elle des êtres de tous poils qui, telle une marée monstrueuse, arrivent aux abords de Washington Square Park pour fondre sur nous. Je les regarde lever les yeux au ciel et constater notre fuite si romanesque.
« On n’est pas encore tiré d’affaire, moussaillons ! »
                Dans un joyeux raffut, les marins fantômes commencent à s’activer follement sur le pont, prenant place aux canons, dépliant la grande voile. William est à son poste, à la barre, gueulant des ordres à tout va sur son équipage. Du sol, tout ce qui a une paire d’aile ou un moyen quelconque de prendre son envol converge maintenant vers nous. Je me tourne vers Magnus et Saül.
« On l’aide ? »
« Bof… »
« Je crois qu’il nous en voudrait plus qu’autre chose. »
« Feu ! »
                Dans un vacarme assourdissant, l’équipage déclenche le tir sur les harpies, gargouilles et autres sorcières sur leur balai qui nous donnent la chasse. Ils sont pour la plupart abasourdis devant le spectacle que nous offrons ; pour eux, le bateau volant du capitaine William Blake n'est qu’une légende. Ils ont la preuve ce soir que les légendes ont la peau dure. Les boulets ont beau être incorporels, ils n’en sont pas moins chargés d’énergie magique et explosent avec fracas sur nos adversaires. De toutes parts, les décharges sourdes retentissent, les corps tombent au sol. Même ceux qui sont restés sur la terre ferme ne sont pas à l’abri de certains canonniers qui font du zèle en semant la pagaille en bas. Rien à faire, même après en avoir tant souffert, je ne vois dans tout ceci qu’un grand jeu qui m’amuse follement.
                Les plus hardis et les plus doués de nos poursuivants arrivent pourtant jusqu’au pont. Ils sont immédiatement engagés par tous ceux qui ne sont pas occupés à manœuvrer le navire fantôme ou à tirer leurs mortels boulets. William lui-même, sabre d’abordage au clair, lutte contre trois adversaires que l’indescriptible mêlée qui me sépare de lui ne me permet pas d’identifier. Son rire à gorge déployée, cri de ralliement qui surplombe tous les autres bruits autour de nous, m’indique toutefois qu’il n’est probablement pas en danger. Il convient d’être prudent toutefois : Will a tendance à être téméraire et ne pas toujours prendre le danger à sa juste mesure. Le sort de la bataille est joué d’avance cependant, Saül, Magnus et moi n’avons même pas besoin d’intervenir. On le fait quand même parce que ça nous amuse et que ça vient sceller nos retrouvailles de cette nuit. Combattre dos à dos avec mes amis, quelle sensation d’exaltation c’est pour moi ! La facile victoire ne vient en rien gâcher les émotions brutes que la fureur du combat génère en nous. Je taille, plante, pique, contre, esquive avec une énergie que ma vie mélancolique, vécue recluse chez moi, ne m’offrait plus guère.
Je sais que la vision d’un autre monde va s’instaurer très vite. Elle vient à chaque moment fort de ma vie ces derniers temps. Cette fois-ci, je la laisse venir, l’invite à prendre place. C’est sans surprise que je vois le visage des mes amis se métamorphoser ; Magnus a maintenant un visage tout rond dans lequel sont logés deux grands yeux où vibrent le pouvoir, Saül un visage froid, austère, royal, à l’intelligence surnaturelle. Nous sommes dans le grand couloir d’un château médiéval ; les ennemis, des géants au corps bizarre gracile et souple, nous attaquent. Non, c’est nous qui sommes sur l’offensive. Je mets du temps à comprendre que je suis à nouveau le magicien aux cheveux bleus. Tout ici semble à la fois différent et curieusement familier. Il y a une guerre ici aussi, des gens comme moi qui donnent forme et consistance au rêve pour se hisser au dessus des autres. Du rêve viennent nos pouvoirs, nos sorts, les créatures auxquelles nous donnons vie. Tout le monde s’entredévore dans cette guerre sans pitié, tout le monde se bat les uns contre les autres ; sauf moi. Moi j’affronte le monde entier. Je ne me bats pas pour moi mais pour le rêve que je vénère entre tout. Je rêve et c’est là toute ma vie. Mon unique but est de plaire à la Maîtresse des Rêves, la femme en blanc, celle qui nous donne notre pouvoir à tous. Je n’existe que pour cette connexion intime avec le pouvoir, ce lien onirique et sacré qui m’amène chaque fois plus proche de l’absolu. C’est aussi mon arme de bataille, la source des sorts que je lance sur mes adversaires. Je lis la peur dans leurs yeux, la certitude, lorsque je suis enfin face à eux et qu’ils m’affrontent, que je suis le plus puissant. Je dois rester dans ce rêve, comprendre ce songe qui m’assaille nuit après nuit et dont seul Alice possède la clef à ce jour.
Je chante et j’appelle Elvis, nom singulier que j’ai donné au dieu, ou peut-être la déesse, du rêve. Je prie, cajole, choie cette entité invisible en laquelle j’ai une foi inébranlable. En échange, elle me donne sa force, déclenche des salves d’énergie qui propulsent mes adversaires au sol et contre les murs. Ils ne se relèveront plus. En quelques dizaines de secondes, mon corps rodé au combat tue plus que moi, Dream, durant toute une saison passée à faire la guerre dans les rues de Londres, Paris et Rome. Il faut que je fasse attention, ne pas perdre mon identité lorsque je rentre dans la peau de cet autre, à la fois follement intime et tellement étranger. Une attaque je n’ai pas vu venir me frappe au torse ; je tombe à la renverse sous l’effet du coup, trouve le temps de dégainer en un éclair un pistolet à mèche porté sur la cuisse et faire feu en pleine gorge de celui qui m’a touché. J’ai mal mais mon entraînement à la douleur m’a fait voir bien pire. Pas une seconde je ne perds ma concentration, mon esprit guerrier. Je tombe au sol, roule sur l’arrière, suis debout, empale un ennemi plus téméraire que les autres avec mon épée familiale. Je prends enfin conscience de n’être que spectateur de ce qui se déroule sous mes yeux ; c’est comme si j’étais en lui, le fameux magicien aux cheveux bleus, sans pouvoir rien dicter mais en même temps dans un état de fusion parfaite avec lui. Je ressens tout, de ses émotions aux sensations physiques, de ses certitudes forgées à la pureté de son rêve. Un sort lancé par l’être qu’est devenu Saül fini dans une grande explosion nos derniers opposants. Il se tourne vers moi, sincère inquiet.
« Nésis ? Nésis, ça va ? »
                Enfin ! Enfin un nom, une identité. Je sais ce soir qui je suis lorsque je suis lui. Nésis.
« Tu peux courir ? Il faut fuir maintenant : tous nos hommes sont morts. »
« Moi je dis qu’on continue. »
                Le type au visage rond qui vient de parler, un mage du Rêve comme celui qui me fait face, comme moi probablement, partage visiblement l’optimisme de Magnus.
« Non. Replions nous. »
                La voix de mon interlocuteur est sans appel. Un stratège et un meneur d’homme, comme Saül.
« Je peux courir. Et je peux encore me battre, Adjam. »
                Il s’appelle donc Adjam. Je le vois soupirer, la mine grave. J’imagine qu’il doit pester intérieurement sur notre aveuglement à tous les deux.
« Savir, il faut battre en retraite. Pour l’heure. On reviendra avec du support, des troupes, là on va juste… »
                Il ne finit pas sa phrase. D’instinct, nous avons érigé des champs de force par le pouvoir du Rêve pour nous protéger de l’éclat de la boule de feu qui explose face à nous. Du bout du hall du château, apparaissent d’autres ennemis, plus dangereux. Ils sont comme nous, des magiciens qui utilisent le rêve pour lancer des sorts. Ils sont plus nombreux que nous, je connais certains par leur nom tant ils sont connus. Mais je n’ai pas peur. En moi, une rage sourde sonne le début du combat que ne pense pas une seconde à fuir. Le combat s’engage, violent, primaire, incertain. Mon corps est fatigué et blessé, mes réserves magiques sont loin d’être pleines. Ce n’est pas grave, la haine me galvanise et parcoure mes veines comme un carburant inépuisable. Je fais couler le sang de mes ennemis, brise tout espoir de victoire de leur côté, ôte la vie de ces inconnus à qui je voue une rancune sans limite.
« Dream ? »
                Mon poing s’écrase sur la tempe d’un homme que j’envoie rejoindre ses ancêtres, je tire sur un autre qui érige un bouclier comme j’en ai conçu un pour me protéger de la boule de feu.
« Dream ? »
Je plante mon épée dans le cœur du magicien qui me fait face, prend de plein fouet une vague d’énergie qui fait pleurer ma chair mais n’entame pas ma résolution.
« Dream ! »
                Je m’acharne au sol sur mon ultime adversaire, réduisant coup après coup son visage à l’état de masse sanguinolente. Je frappe comme un fou, une bête enragée. Ils m’ont volé mon enfance, ma famille, ma mère. Je vais leur faire payer. Mon poing s’écrase une fois encore, une main ferme m’agrippe l’épaule. Je me retourne vif comme l’éclair, prêt à tuer.
« Dream ! »
                C’est Saül. Je me fige immédiatement, prend conscience de mon bras prêt à frapper et l’embrocher sans la moindre retenue. Autour de moi, il n’y a que le silence. Tout le monde, Magnus, William, Saül et le reste de l’équipage, me regarde. J’ai le corps suant, le visage couvert d’un sang où se mêlent toutes les couleurs. Le sang de ceux que j’ai tué. Je regarde me mains couvertes du liquide poisseux qui commence déjà à sécher sur ma peau. Je relève la tête vers Saül, vois la peur dans ses yeux, la peur que j’inspire. Une grande claque dans le dos fait, béni soit Will, s’envoler la gêne palpable qui est sur nous. D’un geste, il envoie ses hommes s’occuper d’amener le navire à bon port. Magnus me pose sa main sur le bras alors que je rengaine ma lame.
« Il faudra parler de tout ça, Dream. Je crois que tu as besoin d’aide. »
                J’acquiesce, incapable de parler. Je me dirige vers Saül, mort de honte à l’idée de ce qu’il aurait pu se passer si…si j’étais resté là-bas plus longtemps.
« Désolé. Je ne sais pas ce qui m’a pris. »
                Il rigole, sans vraie joie mais sans drame non plus.
« J’imagine que ce sont des choses qui arrivent. Je ne t’ai jamais vu combattre comme ça en tout cas. »
                Il y a de l’admiration dans voix, de la crainte aussi. Je ne sais pas comment lui dire que les mêmes sentiments m’animent désormais. Je ne suis pas comme mes amis. Je sais moi qu’il ne s’agit pas d’une possession, d’un coup de sang ou d’un effet passager. Je donne corps à mes rêves et celui-ci, aussi fou que paraisse cette théorie, je suis allé le chercher en moi. Cette rage, cette fureur est à moi ; c’est resté enfoui, loin sous la surface mais ça a toujours été là. Pourquoi ai-je conçu ce besoin d’aller chercher cette face de moi-même à ce moment précis ? Pourquoi cette sensation terrifiante mais en même temps follement enivrante lorsque je passe de l’autre côté du miroir, dans le monde du magicien aux cheveux bleus ? Serait-ce lui l’Unique, le premier maître des rêves, mon père ? Pourquoi me parler, plus que ça m’influencer, de cette façon ? Pourquoi moi ?
                Ces réflexions à chaud tournent en cercle à toute vitesse dans mon esprit. Et toutes tournent autour de la même vérité, certaine, insondable pour l’heure mais dont je me rapproche de plus en plus à chaque fois : Alice, tout est lié à Alice.

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